29.11.2007
Souffle
Nuit. Pluie. Suie.
La douleur du ramoneur
Est la brume de sa sueur.
L’Horizon est noir pour celui
Qui regarde d’en bas !
L’automne est le vent
Qui égrène les ans comme un chapelet.
La paille se consume, comme l’été meurt.
C’est l’arbre de la douleur
Qui se réveille, la bougie une fois éteinte.
Nuit qui pousse, qui transpire,
Apaise l’angoisse de ton sbire.
Le vent coule le long du pavé,
Et ainsi passent les années.
1er septembre 2007
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Ode au 1er septembre
Ô toi, 1er septembre que je hais en mon sein,
Et qu’en même temps je révère.
Tu es une rupture, une fêlure
Une coupure.
L’été s’achève. L’ami part.
La caravane de mes réalités passe.
Les chiens de mes illusions aboient,
Mais sitôt trépassent.
Le soleil de la rentrée brille.
Angoisse, fin de la bonhomie ?
La Vie est une terre molle et grasse,
Le 1er septembre est un engrais,
Celui du Vent qui chasse l’insouciance,
Celui de la Pluie qui lave les humeurs.
Le 1er septembre formate, contre-carre, persuade.
Le 1er septembre est la rose d’une enfance
Qui s’éteint.
L’adulte cultive, apporte sa rime.
L’adulte métronome est happé par le Voreux de ses affaires.
Qu’y a-t-il de bon en tout cela ?
Le chemin avance et tu y apportes
La pierre de ta rime…
1er septembre 2007
00:40 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Les roses de l'écriture
Monsieur Raymond Valentin vient de nous quitter pour rejoindre son épouse, dans un dernier voyage vers le monde des fleurs. La plume de cet amoureux des roses et cet artisan des mots, de cet enfant de Sainte-Marie-aux-Mines apprécié de ses clients, de ses amis et de ses lecteurs, vient de se tarir à tout jamais. Elle ne coulera plus, et dire que l’homme n’avait que soixante-huit ans.
Je souhaiterais rendre hommage à celui dont j’ai lu avec enthousiasme les articles durant plus de quinze ans. Je n’oublie pas l’homme affable et avenant qu’il fut, mais je tiens à souligner la saveur et le relief des textes qu’il signait régulièrement dans le journal l’Alsace, lui qui est maintenant face à la plaine de l’éternité.
J’écris moi aussi des articles divers dans des journaux au Luxembourg, et je pense que, lycéen, il fut pour moi une source de motivation et d’inspiration. Je l’avais comparé au personnage de Ragueneau, « pâtissier-poète » du chef-d’œuvre d’Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac. Ragueneau aimait le pain et les mots comme Raymond Valentin soignait ses fleurs et son style. En effet, qu’il s’agisse d’un compte rendu ou d’un article d’hommage (j’ai en mémoire le beau texte qu’il écrivit au sujet de Georges Roth), il savait trouver, me semble-t-il, le mot adéquat qui grave le dernier souvenir dans la mémoire. Il avait un style vif, enlevé et frais qui manquera à ses lecteurs. Souvent il n’aurait même pas eu besoin de signer, ses mots parlaient pour lui.
Je pense qu’il soignait sa phrase comme il aidait ses roses à s’épanouir : il s’en occupait, coupait ici et là ce qui ne convient pas, arrosait son texte d’un engrais fertile, celui de son imagination et de son authenticité. Je pense tout simplement que Raymond Valentin écrivait de manière authentique, avec des mots choisis qui contournaient les épines de l’ennui et qui laissaient s’épanouir les pétales du cœur. A relire certains articles découpés il y a quelques années, je m’aperçois à quel point cela est vrai aujourd’hui.
Pour toutes ces raisons, j’ai tenu à saluer une dernière fois l’homme et l’oeuvre. Les roses qui accompagnèrent sa vie sont autant de personnes qui ne l’oublieront pas.
Franck Colotte
Enfant de Sainte-Marie-aux-Mines
Professeur de lettres au Grand-Duché de Luxembourg
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